Comprendre le carrelage est simple et compliqué à la fois. Simple parce qu'il s'agit seulement de terre cuite au four qui reçoit le cas échéant une couche d'émail en deuxième cuisson. Compliqué parce que, depuis plus de 4.000 ans que le procédé est connu de l'homme, les nombreuses façons de traiter cette terre cuite ont donné naissance à des appellations différentes qui ne sont en général que des nuances connues par les spécialistes.

Du grec keramos (argile), la céramique désigne en fait tous les objets et produits réalisés en terre. Il peut également être utilisé comme un adjectif : un carreau céramique et non un carreau en (ou de) céramique.

Il n'existe en fait que deux produits différents : la terre cuite et le grès. Comme son nom l'indique, la terre cuite n'est autre que de l'argile cuite à 1.050° au plus. Le grès est également composé de terre plus ou moins argileuse à laquelle on a ajouté de la silice qui rend le produit, après cuisson à 1.300° environ, très résistant à l'usure. Les grès peuvent être recouverts d'une glaçure ou d'un vernis au sel. A ce stade, les premières nuances apparaissent.

Les terres cuites peuvent être claires ou foncées selon leur place dans le four. Cette variété de teintes permet selon les goûts de réaliser des ouvrages en terres cuites aux teintes très marquées ou, au contraire, aux teintes très proches. Ces nuances seront moins marquées avec les terres cuites mécaniques, c'est-à-dire réalisées de façon industrielle. Sinon, les biscuits, c'est leur nom, sont moulés à la main et peuvent donc revêtir différentes formes (carré, rectangulaire, hexagonal, octogonal, etc.) et différentes dimensions. Le mot biscuit n'est pas dû au hasard car l'artisan qui produit ses propres carreaux travaille exactement comme un pâtissier. Et comme dans la cuisine, la fabrication de carreau n'est pas une science exacte et deux carreaux ne seront jamais exactement identiques.

Pour le grès, les nuances sont obtenues à partir de la composition de la terre (silice, kaolin, etc.) et de la méthode de fabrication employée. Ainsi le grès cérame est tout simplement le grès commun. Le grès cérame peut ensuite être "étiré" ou "pressé" selon l'aspect que l'on souhaite lui donner : étiré pour un aspect plus rustique, pressé pour le rendre plus résistant. On trouve également les grès azurés (recouvert d'un vernis au cobalt gris bleu), le grès Doulton (vernis au sel), le grès fin (fabriqué avec de l'argile tendre), etc.

L'émail, enfin, est l'enduit vitreux, opaque ou transparent, qui est posé en épaisseur sur une pâte cuite (terre cuite ou grès). Il s'agit généralement d'un composant chimique à base d'oxyde de fer, d'étain, de plomb, de manganèse, etc. Ces composants sont posés sur les carreaux avant d'être recuits au four (on parle d'un émail coulé quand il est trop ou pas assez cuit et l'on parle d'efflorescences quand les carreaux présentent des irrégularités après défournement). Le produit fini (carreau + émail) devient une faïence

Cette faïence - les spécialistes ne sont même pas sûrs de l'origine du mot - est sujette a interprétation puisque certains considèrent comme faïence de la terre cuite non émaillée quand d'autres expliquent que pour avoir de la faïence il faut un mélange de terre glaise et d'argile avec du kaolin alors que d'autres assurent qu'il s'agit d'une terre essentiellement argileuse recouverte d'une glaçure à l'oxyde d'étain. Enfin, les potiers estiment que seule la poterie recouverte d'émail mérite le nom de faïence. Autant dire que chaque région dans le monde possède sa propre définition de la faïence.

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