Les carrelages en terre cuite qui ont "émaillé" l’histoire des hommes depuis l’Egypte ancienne, en passant par les romains jusqu’au 21ème siècle, ont conservé une éternelle jeunesse. Aujourd’hui, leurs incomparables qualités esthétiques et leur résistance "à l’outrage des ans" leur permet de s’adapter à tous les intérieurs : anciens ou contemporains.

 

Pourquoi choisir un tel revêtement de sol ? Qui va le poser ? Combien de temps va durer le chantier ? Combien ça coûte? Comment entretenir mon nouveau sol ? Réponses.

 

"Lorsque je rencontre un nouveau client, j’essaie de déterminer avec lui le format et la couleur qui pourront s’harmoniser au mieux avec les meubles de sa pièce en respectant ses choix", explique Jean-Philippe Dubet, un vrai passionné, gérant d’une entreprise, spécialisée dans la fabrication authentique de carreaux en terre cuite.

 

La palette de coloris est large : du beige aux rouges vifs, en passant par des beiges rosés et des variantes de roses. Des différences de colorations obtenues par des mélanges de terres différentes, des températures de cuisson diverses et le taux d’oxyde de fer contenu dans les argiles. Une terre beige azur contient peu d’oxyde de fer à l’inverse d’une terre rouge qui est hyper - oxydée. "C’est la teneur en oxyde de fer qui, à la cuisson, détermine la dominante rouge ; le même phénomène est observable quand on fait cuire un homard ou un crustacé qui possède une carapace riche en oxyde de fer", dit-il.

 

Côté dimensions, même diversité : "Le format de carreaux de terre cuite le plus répandu en France est le carré de16X16 de forme carrée ou hexagonale notamment en région parisienne et au château de Versailles. En Provence depuis le 18ème siècle c’est du 20X20. Dans l’Ain, il existe des rectangles de 12X24 ou de 15X30. Plus on descend vers le Sud de la France, plus ces carreaux s’agrandissent et on rencontre alors des formats 'pare feuille' de 2X35 ou 20X40. L’Ouest utilise plus volontiers des formats autour de 30X30", détaille Jean-Philippe Budet, avant de préciser que la plupart des fabricants de carrelages qui ont conservé des structures artisanales ou semi industrielles sont souvent en mesure de vous livrer du "sur mesure" - formats, finition et couleurs les plus proches de vos désirs.

 

Les épaisseurs les plus répandues oscillent entre 18 et 20mm. En pose collée la hauteur de l’ensemble (colle + carreau) dépasse rarement 25mm, une dimension idéale pour l’installation d’un plancher chauffant (que la terre cuite micro poreuse, avec ses qualités isolantes, rendra plus efficace). Autre atout "de poids", la possibilité d’installer facilement un sol en terre cuite dans un appartement ou un pavillon sans avoir à renforcer les structures pour cause de surpoids de matériaux à forte densité. Avant toute modification de sol, pensez à vérifier que vos murs porteurs sont capables de supporter les transformations envisagées, sous peine de cruelles et coûteuses désillusions qui peuvent aller jusqu’à l’écroulement du bâtiment.

 

Indispensables le traitement et l’entretien

 

A la sortie du four, après la cuisson, le carreau de terre cuite doit subir un traitement de protection. Des résines hydrofuges et antitaches (pas de panique si vous faites tomber la soupière sur votre nouveau revêtement ; l’incident sera vite oublié sans dommage pour le carrelage) qui conservent aux carrelages ses couleurs naturelles en leur donnant un aspect "mouillé brillant ou mat" ont remplacé l’ancien mélange (huile de lin et essence de térébenthine) encore en usage il y a une dizaine d’années. Une préparation qui fonçait les coloris en encrassant le carreau.

 

La durée d’un chantier pour carreler une cuisine de taille moyenne dépassera rarement une semaine. Attention, la pose de terre cuite ne s’improvise pas et mieux vaut la confier à un spécialiste. L’artisan poseur (un carreleur que vous pouvez trouver dans les Pages jaunes papier ou Internet) doit "comprendre le matériau et la façon dont il est élaboré". "Il lui faut choisir soigneusement la quantité de carreaux nécessaire au chantier en vérifiant l’uniformité ou la compatibilité des teintes, variables selon les palettes ou les cartons ; les joints, de préférence beiges, ne doivent pas dépasser 5mm pour éviter de 'défigurer' l’ensemble, ils doivent s’intégrer discrètement au carrelage", assure M. Dubet.

 

Pour être belle et briller de tous ses éclats, une terre cuite a besoin de temps : M. Dubet préconise ainsi de "la nourrir rapidement et fortement après la pose : 2 couches d’hydrofuge qui se stabilise en deux fois 12 heures et 2 à 3 couches de cire (à raison d’une couche par jour)". C’est à ce prix, qu’à l’instar de notre spécialiste, vous découvrirez "la sensualité de la terre cuite qui se dégage déjà pendant la fabrication car l’argile et la terre sont des matières très douces à travailler. Dans nos ateliers, on est passionnés comme des potiers, un carreau passe plusieurs fois entre nos mains ; dans le façonnage il existe un vrai côté tactile. Quand un carreau est bien posé, on a toujours tendance à vouloir le caresser, comme le fait un menuisier ou un ébéniste avec le bois qu’il a travaillé". 

10, rue du Moulin Noir
92000 NANTERRE
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